Poésie et Scène de rue

Gazou,nous propose ce à quoi l’on croit  pour la poésie du mardi de Lady
croyance- religion—idées —élargir si on veut

Je crois

Pourquoi, du doux éclat des croyances du cœur
Vouloir éteindre en moi la dernière lueur ?
Pourquoi, lorsque la brise à l’aurore m’arrive,
Me dire de rester pleurante sur la rive ?
Pourquoi, lorsque des fleurs je veux chercher le miel,
Portez-vous à ma bouche et l’absinthe et le fiel ?

Pourquoi, si je souris au murmure de l’onde,
Dites-vous que plus loin c’est un torrent qui gronde ?
Pourquoi de nos saisons n’admettre que l’hiver,
Ou lorsque l’or reluit ne parler que du fer ?
Pourquoi, brisant la coupe où j’essaye de boire,
Enlever à mon cœur le doux bonheur de croire ;
Lui crier que, pour tous, tout s’altère ici-bas,
Que l’amour, par l’oubli ; se donne un prompt trépas ;
Qu’une idole adorée ou se brise ou se change,
Que tout commence au ciel et finit dans la fange !..

Vous que je nomme amis, vous qui serrez ma main,
Votre bouche me dit : « Rien n’arrive à demain. »
Vous parlez en riant et j’écoute avec larmes !
Vous brisez de mes jours les poétiques charmes.
À côté de la Foi, s’envolera l’Espoir…
Ces deux anges partis, le ciel sera bien noir !
Laissez-moi le soleil ; que son disque de flamme
Descende en longs rayons et réchauffe mon âme !
Vous qui doutez de tout, je lutte contre vous,
L’armure de mon cœur résiste sous vos coups.
De vos glaives cruels brisant la froide lame,
Radieuse d’espoir, vous échappe mon âme !
Loin des climats glacés l’instinct la guidera,
Et sans jeter ses fleurs, son vol se poursuivra.

Vous qui doutez de tout, niant votre blasphème,
Malgré vous, en ce jour, je crois même en vous-même !
Il est, à votre insu, dans le fond de vos cœurs,
Des parfums ignorés, des calices de fleurs
Qui, dans vos jours bruyants, n’ont pu fleurir encore,
Et qu’un soleil plus doux ferait peut-être éclore.

Oui, je crois au printemps, au matin, au réveil ;
À l’étoile, la nuit ; et le jour, au soleil.

Je crois que la chaleur vient souvent sans orage,
Qu’un arbre peut tomber avec son vert feuillage,
Que les fleurs de la terre ont encore du miel,
Qu’il est, à l’horizon, un peu d’azur au ciel !

Je crois aux nobles cœurs, je crois aux nobles âmes,
Chez qui l’amour du bien n’éteint jamais ses flammes ;
Je crois aux dévouements qui poursuivent leurs cours,
Vieillissant en disant ce mot béni : « Toujours. »

Je crois à l’Amitié, sœur aimante et fidèle,
Sur les flots en courroux suivant notre nacelle,
Debout à nos côtés quand frappe le destin…
Sommeillant à nos pieds quand le ciel est serein !

Puis je crois à l’Amour, merveilleuse harmonie
Dont le céleste chant suit le cours de la vie,
Amour que rien n’atteint, sainte et divine foi
Qui fait croire en un autre et surtout croire à soi !
D’un noble dévouement source vive et féconde,
Qui trouve trop étroits et la vie et le monde.

Je crois au Souvenir, au long regret du cœur,
Regret que l’on bénit comme un dernier bonheur,
Crépuscule d’amour, triste après la lumière…
Mais plus brillant encore que le jour de la terre !

Je crois à la Vertu, mais voilée ici-bas ;
C’est un ange cachant la trace de ses pas.
Sous ses voiles épais, Dieu seul sait qu’elle est belle,
Et vous la blasphémez, en passant auprès d’elle !

La terre sous nos pieds cache ses mines d’or :
Comme elle, croyez-moi, le cœur a son trésor,
Mais il faut le creuser ; souvent, à sa surface,
De ses veines d’or pur rien ne trahit la trace.

Oh ! croyez comme moi, que sur l’immense mer
Il est des bords lointains dont le feuillage est vert ;
Cherchez-les, et ramez vers ces heureux rivages…
Tendez la voile au vent, saisissez les cordages ;
Debout au gouvernail, portez au loin vos yeux,
Prenez pour votre guide une étoile des cieux !
Ne courbez pas vos fronts pour sonder les abîmes,
Mais levez les regards pour découvrir les cimes.
Marchez, marchez toujours, et quand viendra la mort,
En regardant les cieux, amis, croyez encore !

Sophie d’Arbouville.

Et pour illustrer ce texte afin de participer aussi au de Covix

Agios Gerasimos vers Valsamata kefalonia juin 2018

Bonne poursuite de ce jour

 

Pour marque-pages : Permaliens.

A propos Renée

Née à Besançon j'ai vécu dans plusieurs pays (Grèce-Allemagne-Australie-Chypre-Kenya-Sénégal, mais, principalement la Suisse ou j'ai grandi. J'aime les voyages lire et la musique. La nature me touche et j'aime beaucoup les animaux. J'ai un chien, une petite Yorkshire de 10 ans. Chipie la bien nommée.

25 réponses à Poésie et Scène de rue

  1. Rose63 dit :

    Je découvre ce poème
    @ trop de croyances ça tue la croyance 🙂
    Tu sais quoi
    Je ne croie qu’en moi et je me débrouille avec ce qui plane autour de moi hihi
    Bonne journée
    Bises

  2. Quichottine dit :

    Je découvre ce poème grâce à toi.
    Merci, Renée.
    Bisous et douce journée.

  3. marie des vignes dit :

    Bonjour Renée très beau poème, ma Foi est le Foi du charbonnier, j’arrête de me poser des questions qui restent sans réponse, je verrais bien ou pas après ma mort si j’avais raison ou pas! si je n’avais pas raison, je n’en saurais rien!!! bhisous et bonne journée MTH

  4. moqueplet dit :

    un bien joli texte, je serais bien incapable d’en faire autant….un grand bravo à Lady …..et à toi pour le publier….je te souhaite une bien douce journée

  5. fée capucine dit :

    Bonsoir Renée
    Croire encore et toujours c’est ce que j’ai fait toute ma vie…Je suis la preuve vivante qu’après bien des malheurs je relève la tête, car je crois en la vie, à cette étincelle d’espoir qui brille en nous pour nous faire continuer notre chemin… Mon mari n’a pas choisit le chemin le plus facile et moi non plus mais il y a une raison à tout cela. De tous nos malheurs notre seule richesse en ce bas monde est notre amour. Voilà ma réponse à ton très beau texte Renée…merci pour ce beau moment.gros bisous

  6. LADY MARIANNE dit :

    bonsoir Renée-
    merci pour ta participation qui colle bien avec la scène de rue-
    j’ai hésité à publier ce poème-
    pour mardi prochain ce sera ton choix avec la prison-
    bisous- bonne soirée-

  7. dgidgi dit :

    Un peu long certes et surement pas assez puisque je l’ai relu, bien sur la photo est très jolie, mais le texte est difficile à analyser pour dialoguer, mais j’aime,
    par contre moi qui ne crois pas à la religion dis qu’il y a une force naturelle pour que la terre puisse à nouveau revivre,
    gros bisou vous 2/3

    • Renée dit :

      je comprends ton point de vue et on est bien obligé de croire au moins en une force naturelle quand on regarde la vie et la nature autours de soi…..Gros bisous aussi a vous 3 DgiDgi

  8. monica-breiz dit :

    bonsoir
    je crois moi aussi , en la nature , en les saisons ,
    en les animaux , en l homme parfois

    trés beau ton choix et la photo de ce beau clocher

    kénavo

  9. gazou dit :

    Un très beau poème qui me parle bien…Merci !

  10. gazou dit :

    Un très beau poème qui me parle bien..Merci !

  11. trublion dit :

    Pour moi une chose est sure, l’ univers n’ a pu surgir du néant sans un créateur !
    Joli le campanile !
    Passe une bonne soirée
    Bisous

  12. colettedc dit :

    Ah ! Ce magnifique poème, Renée je m’y suis arrêtée longuement au cours de mes recherches, tu sais. Très bon choix et cette scène de rue y convient parfaitement !
    Bonne poursuite de ce mardi !
    Bisous♥

  13. covix dit :

    Bonjour,
    Un deux en un bien dans l’esprit du défi et de s’évader dans ls îles grecque est bien agréable.
    Bonne journée
    Bises

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