poésie chez Lady et Scène de rue chez Covix

Les paysans d’Émile VERHAEREN

Ces hommes de labour, que Greuze affadissait 
Dans les molles couleurs de paysanneries, 
Si proprets dans leur mise et si roses, que c’est 
Motif gai de les voir, parmi les sucreries 
D’un salon Louis-Quinze animer des pastels, 
Les voici noirs, grossiers, bestiaux – ils sont tels.

Entre eux, ils sont parqués par villages : en somme, 
Les gens des bourgs voisins sont déjà l’étranger, 
L’intrus qu’on doit haïr, l’ennemi fatal, l’homme 
Qu’il faut tromper, qu’il faut leurrer, qu’il faut gruger. 
La patrie ? Allons donc ! Qui d’entre eux croit en elle ?
Elle leur prend des gars pour les armer soldats, 
Elle ne leur est point la terre maternelle, 
La terre fécondée au travail de leurs bras. 
La patrie ! on l’ignore au fond de leur campagne. 
Ce qu’ils voient vaguement dans un coin de cerveau, 
C’est le roi, l’homme en or, fait comme Charlemagne 
Assis dans le velours frangé de son manteau ; 
C’est tout un apparat de glaives, de couronnes, 
Ecussonnant les murs de palais lambrissés. 
Que gardent des soldats avec sabre à dragonnes. 
Ils ne savent que ça du pouvoir. – C’est assez. 
Au reste, leur esprit, balourd en toute chose, 
Marcherait en sabots à travers droit, devoir, 
Justice et liberté – l’instinct les ankylose ; 
Un almanach crasseux, voilà tout leur savoir ; 
Et s’ils ont entendu rugir, au loin, les villes, 
Les révolutions les ont tant effrayés,
Que, dans la lutte humaine, ils restent les serviles, 
De peur, s’ils se cabraient, d’être un jour les broyés.

C’était ma participation au défi de Lady

 

Ainsi qu’a scène de rue de Covix. 

 

Bonne journée

54 réflexions sur “poésie chez Lady et Scène de rue chez Covix”

  1. Ah les paysans qui nous bloquent sur la route ! On râle mais ils en font que leur travail et on a bien besoin d’eux ! J’en sais quelque chose, puisque je vis en Beauce.

    1. Ils bloquent mais finalement au moins pas d’accident comme ça…..Bien sûr qu’on a besoin d’eux mais on les soutient mal de toujours vouloir les denrées moins cher……mais c’est un autre problème. Bisous Séverine

    1. Un dur labeur mais pas que, ils ne sont pas aidés du tout. Nous sommes aussi responsable parce que nous voulons toujours tout moins cher! Bisous Béa

  2. Tu vois chère Renée comme nous les femmes sommes cent fois plus malines que les hommes ha ha ha .

    Je crois que le diable aura fort à faire avec toutes celles qu’il accueille dans son antre infernale ha ha ha .

    Pour la poésie cet auteur à l’air de bien connaître la paysannerie , c’est tout à fait (enfin à l’époque de ma jeunesse à la campagne) l’ambiance du village , l’étranger n’était que celui du village d’à côté , quelle horreur à l’époque de la mondialisation si cela existe encore , mais …… on ne sait jamais , le vrai de vrai paysan , le plouc est encore hélas un peu comme ça .

    Bonne soirée et nuit .
    Gros bisous marseillais .
    Renée (mamiekéké).

  3. bonsoir
    un poète connu mais je découvre ce poème par contre. Je vois que tu t’en sors toujours aussi bien
    bisous

  4. Bonjour,
    Belle double participation, merci pour elles et ce monde paysans toujours dénigré et pourtant si nécessaire.
    J’aime bien cette vue au lever du jour dans la brume, un clin d’ail aux toiles anciennes et ce poème qui nous narre bien l’incompréhension et le dénigrement.
    Bonne journée
    Bises

        1. Ho que non mais du décès de la mamy Jean a eu quelque chose mais faut le dire et ça complique le remplissage des papiers même si en fait aucun impôt dessus!!!! Bisous Christophe
          Si j’étais si riche serait pas là………………

  5. Belle coordination des deux défis !
    Bon mardi, avec peut-être de la douceur mais une grisaille qui pénètre jusque dans la tête.
    Bisoux, chère renée

  6. Espérons que nos paysans et agriculteurs ne soient jamais complétement broyés, eux qui ont tant de mal à vivre de leur travail!
    Très belle journée, bises

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