Kiki de….

… Montparnasse vous connaissez?

ou Kiki, pseudonyme d’Alice Ernestine Prin, née le  à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or)1 et morte le  à Paris2, surnommée « la Reine de Montparnasse », fut un modèle, une muse et parfois l’amante d’artistes célèbres, mais également chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre et actrice de cinéma, et anima le quartier du Montparnasse durant l’entre-deux -guerres (1921-1939).

J’ai découvert la vie de cette femme libre dernièrement en lisant un article la concernant dans un périodique.

Son parcours m’as assez interpellée pour en faire un article et, en même temps un clin d’œil à Lady et son fameux *Tableau du samedi*

Enfant illégitime, la jeune Alice est élevée par sa grand-mère dans une grande pauvreté. En 1913, elle quitte Châtillon-sur-Seine pour rejoindre sa mère, Marie Prin, linotypiste à Paris. En 1914, elle la retire de l’école pour la faire travailler comme apprentie.

 

Alice est successivement brocheuse, fleuriste, laveuse de bouteilles chez Félix Potin et visseuse d’ailes d’avion4. En 1917, elle est bonne à tout faire chez une boulangère, place Saint-Georges (Paris 9e).

Se révoltant contre les mauvais traitements qu’elle subit, elle est renvoyée. Pour gagner de quoi vivre, elle pose nue chez un sculpteur. Cela cause une violente dispute avec sa mère qui l’expulse de chez elle malgré l’hiver. Elle est recueillie par le peintre Chaïm Soutine.

Elle fréquente la brasserie La Rotonde mais au bar seulement. Pour avoir le droit de s’asseoir dans la salle, une femme doit porter un chapeau.

En 1918, elle se met en ménage avec un peintre juif polonais, Maurice Mendjizki (1890-1951).

Elle pose pour les peintres Amedeo Modigliani et Tsugouharu Foujita dont le Nu couché à la toile de Jouy sera l’événement du Salon d’automne de 1922.

Elle adopte alors la coiffure au bol, les yeux abondamment soulignés de khôl, les lèvres peintes de rouge vif et le pseudonyme Kiki.

En 1921, elle devient la compagne et le modèle préféré de Man Ray qui trouve son physique « de la tête aux pieds, irréprochable ». Il l’a photographiée notamment à côté d’un masque Baoulé, ainsi que de dos, nue, pour un célèbre cliché auquel il ajoute deux ouïes de violon et qu’il intitule Le Violon d’Ingres, en 1924. Il lui fait rencontrer les dadas Tristan TzaraFrancis Picabia et les surréalistes Louis AragonAndré BretonPaul ÉluardMax Ernst et Philippe Soupault.

Elle commence également à dessiner des portraits pour les soldats britanniques et américains qui fréquentent la Rotonde. Par la suite, elle exposera régulièrement ses peintures dans les galeries parisiennes, notamment en 1927 dans la galerie Au Sacre du printemps, en 1930, dans la prestigieuse galerie Georges Bernheim, en 1931, galerie Jean Charpentier, rue du Faubourg Saint-Honoré. Pablo Gargallo fait son portrait en bronze doré en 1928.

En 1929, Kiki devient la maîtresse du journaliste Henri Broca.

Ce dernier fonde le magazine Paris-Montparnasse dans lequel paraissent les premiers chapitres du livre de souvenirs que Kiki s’apprête à publier. Malgré l’engagement du journaliste américain Edward William Titus, époux d’Helena Rubinstein, les autorités douanières refusent l’introduction du livre aux États-Unis pour cause de propos jugés « scabreux ».

Kiki est élue « Reine de Montparnasse ». Cependant sa mère, puis Henri Broca sombrent dans la folie. Pour parer aux frais médicaux, elle fait le tour des boîtes de nuits où elle chante et danse.

Le 14 novembre 1930, elle débute au Concert Mayol dans la revue Le Nu sonore de Léo LelièvreHenri Varna et Marc Cab. Elle conduit la revue avec Tonton de Montmartre. En janvier 1931, elle chante à la Jungle, en 1932 à L’Escale, cette année là, elle a un engagement à Berlin.

En 1936, elle chante

 

Nini peau d’chien au Noël 1900 présenté au moulin de la Galette.

Elle chante aussi dans le célèbre cabaret de la rue de Penthièvre, Le boeuf sur le toit, lieu où Man Ray expose ses photographies. Elle se rend aux studios de la Paramount Pictures(Kaufman Astoria Studios) de New York, mais sans résultat.

Buvant trop et se nourrissant mal, en 1934 Kiki pèse 80 kg. La presse semble d’ailleurs s’en amuser puisqu’en 1936, elle relate qu’à la suite d’un régime, Kiki passe de 80 kg à 57 kg.

Cela ne l’empêche pas de poser pour le peintre Per Krohg qui, trouvant sa « croupe très belle », pense « à un trois-mâts toutes voiles dehors »

De janvier 1935 à janvier 1937, elle chante régulièrement au Cabaret des fleurs, 47, rue de Montparnasse19. En 1937, elle ouvre son propre établissement Babel chez Kiki, rue VavinAndré Laroque, pianiste et accordéoniste de ce cabaret, agent des contributions indirectes le jour, devient son nouvel amant. Il aide Kiki à se déprendre de la drogue et tape à la machine ses souvenirs qui ne seront publiés qu’en 2005. En 1939, elle chante au cabaret Le Gipsy’s, 20 rue Cujas. Le 19 décembre 1942, elle fait sa rentrée au Jockey, 127, boulevard Montmartre. Elle s’y produit jusqu’au mois de juillet 1943.

Morte en 1953, Kiki est inhumée au cimetière parisien de Thiais, dans une tombe reprise en 1974.

Seul Léonard Foujita aurait assisté à son enterrement. Ernest Hemingway lui rendra un brillant hommage.  Hommage que je partage.

Source (tout comme l’article que je n’ai pas souhaitez recopié en entier)

46 réflexions sur “Kiki de….”

  1. Quelle vie palpitante!!! Je connaissais un peu sa vie pour l’avoir vue nommée comme modèle chez les artistes de son temps.
    excellent idée que la tienne de nous rappeler que les femmes ètaient déjà des battantes!
    Bises

  2. Merci pour cette biographie extraordinaire d’une femme courageuse . Je la connaissais en peinture mais sans plus . Une femme qui donne un exemple magnifique de ne jamais baisser les bras .Je l’admire.
    Sur mon blog , la boule blanche est une thomise , une araignée crabe très vorace !
    Bon dimanche, bises Renée

  3. (je lis ta réponse à Epicea, mais quelle coquine, Renée!!!)

    ah je connais un peu la vie de cette superbe femme, comment elle est passée modèle d’un peintre à l’autre un peu selon ses fortunes (celles des peintres) allant au plus riche ou au plus célèbre, ce dont je ne saurais la blâmer, tant il était dur d’être une femme !!!!(et dur , tout simplement, d e vivre à une époque où les suicides pour cause de pauvreté absolue étaient nombreux-appris en faisant ma généalogie de Parigote^^-…alors pourquoi ne pas monnayer d’une façon ou d’une autre une telle beauté?d’autant que la fin de sa vie a été bien triste!tout passe, tout lasse…Bel hommage qui me touche…

    1. Mamazerty elle a quand même en premier suivis son coeur dans le choix de ces partenaires de vie…..enfin d’après ce que j’ai compris de sa bio, en tous cas elle n’as pas vendu ces charmes, juste son image et ça c’est déjà beaucoup vu le contexte et l’époque. Bisousssssss

  4. Bonsoir,
    la photo de Man ray est connue, le parcours ne Kiki je ne le connaissais pas en intégralité, c’est fait enfin presque.
    Une femme libre qui dérange et c’est tant mieux.
    Belle participation.
    Bonne soirée
    @mitié

  5. on ne peut pas dire que son parcours soit un long fleuve tranquille avec tous les hauts et les bas qu ‘elle a connu !
    Une chose est sure, elle ne s’ est pas ennuyée !
    Je ne connaissais pas
    Merci pour la découverte
    Passe une bonne journée
    Bisous

  6. Voilà une femme libre , qui a conduit sa vie comme elle le souhaitait, si rare à l’époque.
    Merci pour ton passionnant article de ce » personnage » que je ne connaissais pas.
    très belle journée et bon week-end, bises
    danièle

  7. Hello Renée
    J’aime les femmes libre…. Nous avons deux beaux livres qui sont consacrés aux femmes de la belle époque sur la Cote d’Azur. Ce sont des pionniers dans tout ce qu’elles ont touché. La Riviera a été la première a être plus que tolérante sur de nombreux sujets.

    Il y a donc: Portraits de femmes de la Cote d’Azur de suzanne Cervera aux éditions serre.
    Puis, il y a les femmes de la belle époque sur la Cote d’Azur de Martine Quasquet édition Giletta

    De super livre que je possède avec le récit de grandes dames….comme le fut la niçoise Simone Weil
    bizz
    Pat

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