croqueurs de mots 237 (poésie 1)

14/05/2020 70 Par Renée

Pour le premier jeudi en poésie du 14 mai 2020 – Thème « Espoir ou Espérance » qui est donné par ZAZA

 

Grosse hésitation suite à, deux trouvaille qui m’interpelle, les deux sont donc soumis :

 

 

Printemps passé de Albert Mérat (1840-1909) du recueil les chimères

Comme elle était si jeune et qu’elle était si blonde,
Comme elle avait la peau si blanche et l’œil si noir,
Je me laissai mener, docile, par l’espoir
D’engourdir ma rancœur sur sa poitrine ronde.

Son regard où dormait la volupté profonde
M’attirait lentement ; et, sans m’apercevoir
Que l’image était belle à cause du miroir,
Je suivis la sirène adorable dans l’onde.

Elle me regardait avec un air moqueur
Faire naïvement si large dans mon cœur
Une place où loger son âme si petite.

L’aimais-je pour ses yeux qui ne pleurent jamais,
Pour son esprit léger qui m’oublia si vite ?
Je ne sais. Je l’aimais parce que je l’aimais !

Et le 2

Je désire toujours. de Louise Colet (1810-1876) du Recueil : Fleurs du midi (1836).

Avoir toujours gardé la candeur pour symbole,
Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir ;
Mendier un espoir comme un pauvre une obole,
Le recevoir parfois, et longtemps s’en nourrir !

Puis, lorsqu’on y croyait, dans ce monde frivole
Ne pas trouver un cœur qui se laisse attendrir !
Sans fixer le bonheur voir le temps qui s’envole ;
Voir la vie épuisée, et n’oser pas mourir !

Car mourir sans goûter une joie ineffable,
Sans que la vérité réalise la fable
De mes rêves d’amour, de mes vœux superflus,

Non ! je ne le puis pas ! non, mon cœur s’y refuse
Pourtant ne croyez pas, hélas ! que je m’abuse :
Je désire toujours… mais je n’espère plus ! 

Bonne journée