Croqueur de mots 218 (en retard comme d’hab!) 3 en 1

15/04/2019 44 Par Renée

Durgalola demandait pour le premier jeudi en poésie :

avec une  femme.

Voici mon choix

Maria Polydouri, “Paris”

Le temps était venu de dissiper mes rêves en ton sombre matin
et de te quitter, emportant avec moi la joie triste de t’avoir aimé.

La Méditerranée, enjôleuse sirène qui bat les flots autour de notre bateau,
et tous ses lys immaculés d’écume n’ont plus lors qu’un seul but : m’emmener loin de toi.

Et lorsque nous arriverons là-bas, la lumière impérieuse viendra m’ouvrir
les yeux au jour de triple azur et noyer en moi ton souvenir.

Et puis ses îles se lanceront à l’assaut. Athènes aussi ne tardera pas, je le sais.
Elle se dresseront pour combattre en moi Paris, l’amour du péché !

Et elles voudront que j’oublie comme mon âme s’est aussitôt livrée à toi
lorsque, sans besoin de rencontre, j’errais par les rues, toute seule.

Mais partout je liais aisément amitié ; comme s’ils me connaissaient, me souriaient
partout les maisons, les parcs, les églises et quand je repassais, ils me parlaient.

Et l’on voudra que j’oublie comme tu m’as offert une nouvelle jeunesse,
comme j’ai rencontré mon destin aussi en errant dans tes rues, Paris !

Pour le deuxième jeudi poésie Durgalola demandais un poème relatif aux arbres, en voici un écrit en plus par une femme : Renée Vivien Les arbres

Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.

Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne. 

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines. 

Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.

Et, pour le défi du lundi Durgalola.

Imaginez que vous êtes un arbre (chêne, bananier, charme, ce que vous préférez)
et racontez votre histoire en une trentaine de lignes.
Au début de votre texte, vous insérerez une citation ou un proverbe relatif à un arbre.

Goethe Toute théorie est grise, mais vert florissant est l’arbre de la vie,

et c’est vrai que tout poirier que je suis j’ai bien grise mine en me souvenant du passé.

Mais, comme avant, quand le printemps revient ma sève coule le long de mon tronc de mes branches et enfin je me sens poussé des ailes.

D’un coup je me secoue pour me débarrasser des froidure de l’hiver qui me colle.

J’ai envie de m’élargir de donné mes feuilles, mes fleurs qui enchantent vos yeux. Puis enfin mes fruits qui viendront régaler vos papilles.

Tartes compotes, vous en mettez même dans vos viandes en automne.

Gentiment le cycle se fait, vous me taillez pour que je produise plus.

Vous ne vous rendez pas compte que je prend de l’âge, c’est vrai que je résiste.

Pourtant, je suis fatigué de vous nourrir, je le fais depuis si longtemps.

Quand j’étais plus jeune c’était même une fête. Pour vous comme pour moi.

Mais des générations ont passés et je suis toujours là.

Vous compter de plus en plus sur moi.

A croire que, de ma récolte, dépend votre survie. Jusqu’à quand?

Mon ami le pommier ressent la même chose tout comme le chêne et le saule pleureur que vous délaissé restant cloîtrés! Quand vous êtes là.

Que dire du pêcher qui a déclaré forfait et que sans scrupule vous avez rasé. L’abricotier va subir le même sort cette année. Il n’en peu plus le pauvre de vos absences

On se souvient tous dans le jardin de ces beaux jours où parents et enfants jouait à nos pieds, ou les rires fusait dans le soleil. Ou la joie régnait.

On ne vous voit plus que pour les récoltes et les coupes, on s’ennuient. On dépérit même.

Vous nous avez pris pour de bonne poires mais cette année aurez vous des poires? J’en doute!

 

peut-être n’y as t-il pas 30 lignes pour ce défi qui n’est pas des plus facile, mais n’est-ce-pas l’essai qui compte?