Conte et perle (Evy)

23/03/2019 50 Par Renée

Conte Suisse du Valais

La jeteuse de sorts d’Arbaz

Au temps de nos arrière-grands-pères vivait à Arbaz une femme que tout le monde redoutait, car elle pouvait donner le mal aux gens et aux bêtes.

On prétend même qu’elle faisait partie de la *chenegouda*1.

Un soir, à l’heure de l’abreuvage, quand le bétail se bousculait à la fontaine, cette femme vint à passer. Elle demeura en admiration devant une belle vache brune arrêtée devant le bassin. « Quelle magnifique bête ! ». dit-elle, en caressant de sa main l’échine de l’animal. Puis, se tournant vers la personne qu’elle supposait être la propriétaire de la vache en question : « Elle est bien à vous ? demanda-t-elle.

— Oui, répondit celle-ci, et si tout va bien, nous serons bien servis cette année. La jeteuse de sorts continua encore un moment à exprimer en termes élogieux son admiration pour l’animal, puis elle s’en retourna chez elle.

Mais la propriétaire, après avoir ramené sa vache à l’écurie, s’aperçut qu’elle avait le poil hérissé et qu’elle refusait de prendre de la nourriture. Vite on s’en fut à Ayent consulter un vieillard qui possédait, dit-on, des livres où était enseigné l’art de conjurer les mauvais sorts ; livres qu’il tenait précieusement enfermés dans une boîte enfouie dans le creux d’un pin situé au hors de la Ri.

« Hâtez-vous de rentrer chez vous, dit le bonhomme, prenez la chaîne qui sert à attacher la vache, faites-la chauffer à blanc, puis brûlez sous le ventre de l’animal des rameaux bénits et vous verrez que le mal disparaîtra bien vite. »

On fit ce qui avait été prescrit. Mais au grand étonnement de tous, les flammes que dégageaient les rameaux en combustion ne brûlaient même pas le poil de la vache et celle-ci ne laissait paraître aucun signe de malaise. Cette opération n’était pas achevée qu’on vit arriver en courant la jeteuse de sort. Elle paraissait hors d’elle-même et comme torturée par une souffrance secrète.

« Espèce de bouchers que vous êtes, cria-t-elle, quelle l’idée vous prend de faire souffrir ainsi cette pauvre bête?

— Laissez-nous faire, lui fut-il répondu, nous voulons guérir notre vache par les bons remèdes. »

La sorcière fut au supplice jusqu’à la fin. En effet, la brûlure de la flamme, que la vache n’éprouvait pas, atteignait la sorcière et lui faisait expier cruellement son maléfice.

1 *chenegouda* désolée je n’ai pas réussi à trouver ce que ce mot veut dire !

Une perle

On dit d’une aide-ménagère, une coiffeuse, d’une bonne cuisinière ou d’une excellente femme d’intérieur que c’est une perle !

Cela est dit, avec la meilleure foi possible et, fait certes souvent plaisirs mais est-ce si adéquat ?

Comparer une personne avec un objet aussi précieux soit-il est-il vraiment un compliment ?

La scène se passe dans un temple Bouddha.

Le disciple : – Très sage et très honorable Maître, pourriez-vous m’enseigner quelle est la différence entre une perle et une femme?

Le Maître : -La différence, humble petit scarabée, c’est que tu peux enfiler une perle des deux côtés, et une femme, seulement d’un côté..

Le disciple (confus) : – Mais maître, honte à moi de vouloir contredire votre himalayenne sagesse, mais j’ai entendu dire que certaines femmes se laissaient enfiler des deux côtés !

Le Maître (avec un mince sourire): – Alors, ce n’est pas une femme, c’est une perle.

Ceci dit, il vaut mieux se faire traiter de *perle* de souillon, d’incapable ou de nullité ?

**Gag pris sur le net en cherchant à étayer mon propos…Qui au départ n’allait pas en ce sens!